HAUTE CLAREE GUISANE

Artillerie de position PR
Avant postes Champs de tir
SES Quartiers

Période post opérationnelle

Le 10, les dispositifs de mines sautent a l'Échelle, a Plampinet et aux Acles. Le 11, lendemain de la déclaration de guerre italienne, les troupeaux sont replies de la vallée de la Clarée vers la vallée de la Guisane par le col du Granon. Rien a signaler, mis a part quelques passages d'avions italiens. A partir du 12, les patrouilles françaises notent une recrudescence d'activités sur le secteur des Acles et notamment de la Grande Hoche au Rocher Guion. Les premiers coups de feu ont lieu le 13 sur les éclaireurs de la SES/95e BCA sur le Piton Jaune.

Vue d'un des baraquements des Acles avec en arrière plan le Piton Jaune.

Le 14, le ss/lt Frendo rapporte des progressions ennemies dans la vallée des Baisses ( au pied du Chaberton) et sur les cols de l'Alpet, de la Lauze et des Trois Frères Mineurs, dans le secteur de Montgenèvre. A partir du 15, les italiens se montrent plus entreprenant sur les Acles ou des coups de feu sont échangés, mais aussi et surtout sur l'Aiguille Rouge ou les italiens s'installent a environ 200 m en de la frontière en territoire français. Une opération de reconnaissance est montée par les Capitaine Pellegrin 82e BAF et lieutenant Desfossé de la SES I/159e RIA le 15, donnant suite a un tir d'artillerie et des échanges de mousqueterie sur le secteur des Thures le 16. On trouve ici un compte rendu de l'opération fait par le Capitaine Pellegrin le 16 juin :  «travaux italiens signalés par Lieutenant Desfossé de I/159e RIA sur territoires français observes des chalets des Thures. Nous avons pu dénombrer dans la région Aiguille Rouge seulement 1 quinzaine de blockhaus en sacs de terre ou pierre sèches. Ces blockhaus paraissaient contenir des armes automatiques et étaient occupes par des hommes de garde. Un tir d artillerie suivi de tirs de FM venant de St Hippolyte et des Thures permettent de récupérer 1 prisonnier blesse par éclats d'obus et 7 italiens hors de combat ». Dans un même temps, l'action italienne débute sur le saillant des Acles avec des déplacements de troupes en direction de la pointe de Charra accompagnes de tirs d'armes a feu et d'artillerie.

Les combats

17 juin 1940

Dans le quartier de l'Échelle, la journée est assez calme et quelques échanges d'artillerie ont lieu sur l'Aiguille Rouge et sur le PA du Bois Noir. En revanche, dans le quartier des Acles l'attaque italienne est lancée sur l'emplacement Boell de Charra par la Grande Hoche (flanc sud ouest et éboulis ouest). Une patrouille de la SES échange des coups de feu avec les italiens de la Grande Hoche vers 10h30. A 10h50, les italiens occupent le Piton Jaune, le col de Pertusa et le col de la Chaux d'Acle et continuent leur descente de la Grande Hoche mais aussi de Barrabas.

Ci contre : Vue de la Grande Hoche (appelée aussi Pointe de Charra)

 

Les tirs d'armes et d'artillerie sont concentres sur la col des Acles limitant tout manœuvre de la SES. A 11h15, ordre est reçu de reprendre le Piton Jaune. La SES envoie une patrouille sur le Piton et les 3 FM de Charra ripostent sur le Piton Jaune faisant une vingtaine de morts (!) du cote italien. Du cote de Pertusa, la pression se fait sentir et une section italienne tente de contourner les ouvrages de Pertusa. Le repli se fait sans perte malgré la proximité  d'un FM a moins de 20 mètres et l'encadrement de tirs de mortiers. Sur Charra, la pression italienne est moins importante mais un tireur italien sur la Grande Hoche empêche les éclaireurs de sortir de leur abri. Les tirs d'artillerie amie, de mitrailleuses de la Reyrarde et des Écureuils permettent a la SES de décrocher et a 13 heures, le lieutenant Klein du PA de la Reyrarde signale que le lieutenant Boell se replie sur la Reyrarde.

18 juin 1940

Dans la matinée, un détachement italien tente une infiltration dans le quartier tenu par le lieutenant Bues du 82e BAF. S'ensuivent des tirs amis d'artillerie et une riposte du PA de l'Échelle qui entraînent la mort de 3 italiens. Dans le courant de la journée, des tirs ont lieu sur les PA du Bois Noir et de l'Olive sans faire de victimes.

Ci-contre : vue sur le col du l'Échelle depuis le PA du Lieutenant Bues.

Du cote du 24e BIL, les éléments en ligne se voient rajouter une demi unité de feu supplémentaire.

Dans le quartier de Barteaux, des tirs d'artillerie ennemie ont lieu sur le blockhaus sous roche du PA de Plampinet mais aussi et surtout sur le PA de la Reyrarde du lieutenant Klein faisant craindre une attaque italienne incessante.  Les tirs cessent vers 17 heures. Tout au long de la journée, les italiens aménagent leurs positions sur Charra, au dessus des baraquements principaux des Acles et au Pas des Rousses.

A 21 heure, la section Abba, placée sur le flanc droit de la Reyrarde est entourée par une quarantaine d'italiens et parvient a se dégager avec l'aide d'un groupe de la SES/95e BCA, laissant le PA découvert. Dans un même temps, une cinquantaine d'italiens descendant sur les Chalets des Acles.

 Des tirs d'armes a feu ont lieu a l'intérieur du PA, et après une demande de tirs d'artillerie amie pour l'encagement du PA, Klein ordonne le repli du poste conformément a sa mission. A 21h40, les derniers éléments du PA arrivent a la Cleyda. 5 minutes plus tard, les premiers italiens attaquent le blockhaus, tout d'abord par le chemin Cleyda - Chalets des Acles puis par les pentes du Rocher Guion a partir du Pas des Rousses. Ces éléments attaquent le poste a le grenade et finalement les défenseurs de la Cleyda parviennent a se replier a 22 heures. S'ensuivent des tirs d'artillerie amie sur la paroi rocheuse inférieure du Rocher de Guion au dessus de la Cleyda.

19 juin 1940

A 0h30, un ordre du Général Cyvoct demande la reprise de la Cleyda. Cette tache est remplie par la section Dalud qui après un tir d'artillerie ami sur le blockhaus réoccupe le bloc a 3h45. A leur arrivée, le groupe de tête ne rencontre pas de résistance mais fait déguerpir un italien qui ne pourra être capture. A 11 heures, le PA du Plateau des Écureuils est réoccupé par la SES 95e BCA remplacée dans la nuit par la section de l'Aspirant Kuhn de la 2e Cie. Dans le quartier du 82e BAF, aucune action italienne n'est signalée ; seuls les combats du quartier voisin sont mentionnés dans le JMO.

20 juin 1940

La journée et la nuit sont calmes dans le sous-secteur mise a part quelques tirs amis sur le pic de Guion au dessus des chalets des Acles. Les sections Klein et Abba, remplacées la veille par la SES/95e BCA, et passées en réserve de quartier rejoignent la PR a 20h00. Ce même jour, la 3e Cie du 24e BIL quitte le Lauzet afin d'organiser défensivement le tunnel situé entre Villar d'Arêne et la Grave. Le 82e BAF signale au cours de la nuit la rencontre entre 2 patrouilles, sans échanges de coups de feu.

21 juin 1940

La journée du 21 juin est caractérisée par des échanges d'artillerie entre les batteries françaises et italiennes. Les italiens orientent leurs tirs principalement sur la moraine de Pécé et Plampinet (3 obus tombent sur l'ouvrage sous roc). Le PA de la moraine de Pécé est renforce par une section de la 2e Cie du 95e BCA ; le lieutenant Tourin en prend le commandement. A part quelques changements de dispositifs mineurs, le 24e BIL reste inactif. Le passage d'escadrilles italiennes est note par les 95e BCA et 82e BAF. Quelques bombes tombent sur Villeneuve la Salle et Briançon.

22 juin 1940

Tirs d'artillerie épars dans le secteur. Les rédacteurs des JMO notent que la nuit est agitée dans le quartier de Montgenèvre. Dans la matinée, les italiens s'installent sur les Pas des Rousses et en milieu de journée, les tirs d'artillerie sont orientes vers les Pas. Le poste d'observation de Fournoux est pris pour cible, les observateurs se replient momentanément sur le Pas de la Fanfare et rejoignent leurs positions dans la demi heure. Sur la PR, rien a signaler.

23 juin 1940

Dans le quartier du 24e BIL, un artilleur vient afin d'installer une batterie de 105 de montagne pour soutenir l'action du bataillon. Si l'activité est faible du coté des 24e BIL et 82e BAF, il n'en est pas de même pour le 91e BCA qui fait face a une attaque italienne dès le début de matinée (quartier de Montgenèvre). Le PA de la Tête noire, qui assure la liaison entre les 91e et 95e BCA, est lui aussi la cible de la manoeuvre italienne sur les extrémités du quartier Vachette-Montgenèvre. Tête Noire, Fourneous , le Pas de la Fanfare et de la Lauze  font l'objet de tirs d'artillerie et de mortiers. En début de matinée, la SES du 159e RIA se replie de la crête de l'Alpet. L'attaque italienne est le dernier effort des fanti a deux jours de la signature de l'armistice. Un message du Général Ferrero, commandant la 4e Division d'Alpini (Cuneense), adressé au 3e Alpini (cf. JMO 95e BCA) l'ordre "de pousser partout où il n'y a pas de résistance". A nouveau en milieu de journée, le lieutenant Frendo signale des tirs l'Alpet et le Rocher de 10 heures. Une attaque italienne contre le PA de la Lauze est enfin signalée venant de Fourneous sur le PA de la Lauze. Elle est repoussée par le tir des FM de Tête noire et du Pas de la Fanfare. De nouveaux tirs amis sont demandés sur le col de la Lauze et la Tête de Fournéoux (effet a 17h05). Du coté du 95e BCA, les troupes occupant Cleyda et Plampinet sont relevées par les troupes en réserve a Barteaux. A 21 heures, les troupes françaises lance une patrouille vers le col des Acles a partir de la cabane du Mélézet. La reconnaissance du Piton Jaune prévue a 21h30 est finalement compromise car les tirs amis se poursuivent sur les crêtes des Acles après 21h30 et que les tirs d'artillerie italienne sont déclenchés sur la Moraine de Pécé et le plateau des Ecureuils.

24 juin 1940

La batterie d'artillerie destinée au 24e BIL est installée dans la matinée a la Lume. Le quartier du 82e BAF est bombardé au cours de la journée avec une concentration de tirs de tous calibres sur le PA du Bois Noir. L'artillerie française opère des tirs de contre batterie. Les mortiers et casemates du Rocher de la Sueur cessent le feu.

 

 

 

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