Ordre de bataille de l'ubaye
par le Colonel Dessaux
Transmis par Marc EndingerPartie fortification Lieutenant Lissner
Le Sous Secteur Haute
Ubaye - Ubayette

Le
Sous-Secteur Ubaye Ubayette (Lt Colonel de DINECHIN) est tenu par le 83e BAF
renforcé du Ier Bataillon du 299e RIA. Le sous secteur s’étend de
la Tête
de Toillies
à la crête d'Abries.
Quartier saint
paul
Organisation défensive
du quartier
Le
quartier de Saint Paul a pour mission l'interdiction des débouchés de
la Haute Ubaye.
Si le relief interdit toute action d'envergure, la menace n'en demeure pas
moins importante puisque l'ennemi atteindrait les communications du secteur, en
particulier la route stratégique du col de Vars. La défense est défavorisée
par le tracé de la frontière qui suit la vallée sur sa rive gauche jusqu'à
Fouillouse. Le col du Vallonet, débouchant sur Fouillouse, constitue une menace
importante ; en effet il permettrait à un ennemi venant des environs de Larche
de contourner les puissantes défenses du quartier de l'Ubayette. Le quartier
assure en outre la liaison avec le secteur du Queyras.
Le
système Séré de Rivières propose une position de résistance en aval de St
Paul (batterie de vallon Claous et ses postes optiques), capable à la fois
d'interdire les débouchés de
la Haute Ubaye
tout en protégeant la route stratégique du col de Vars. La vieille redoute de
Berwick du Châtelet est conservée comme poste avancé. Avec le système
Maginot,
la LPR
se porte au niveau de Fouillouse dans le prolongement de
la LPR
du quartier de Meyronnes ;
la LAP
est déplacée bien en amont, au hameau de Maurin, la batterie de Vallon Claous
est reléguée en 2e PR.
La
défense du quartier de St Paul s'étale selon deux positions :
·
La Ligne
des Avant-Postes (LAP) en fond de vallée
: PA de Maurin, de multiples PA de campagne tout au long de la vallée jusqu'à
la LPR.
·
La Ligne
Principale
de Résistance (LPR) utilisant le
relief à hauteur de Fouillouse : le PA du Châtelet prend en enfilade les débouchés
de la haute vallée ; le PO de Plate Lombarde interdit toute pénétration dans
le vallon du même nom, complété par le PA de Fouillouse Haut. Cette ligne de
résistance est située dans le prolongement de
la LPR
du quartier de Meyronnes, afin d'en assurer la continuité des feux, tout en bénéficiant
de sa puissante artillerie, en particulier la tourelle de Roche
la Croix
(2x 75/33).
En
plus de ses fortifications propres, le quartier de St Paul bénéficie de
l'artillerie de la 2e PR. En particulier la batterie de Vallon Claous
judicieusement implantée dans l'axe de la vallée, elle même protégée par
les deux pièces de 75/97 sous casemates de Bourges de la batterie des Corres.
Position
|
Ouvrage
|
Type
|
Mission
|
Armement d'origine
|
Ligne des Avant-Postes
|
Maurin
|
PA
|
Interdiction de la Haute Ubaye
|
armement de campagne
|
Ligne Principale de Résistance
|
Plate
Lombarde
|
PO
|
Interdiction du vallon de Plate Lombarde en
amont de Fouillouse
|
7 FM
|
Fouillouse
Haut
|
PA
|
Interdiction des hauteurs en rive droite du
vallon de Plate Lombarde
|
armement de campagne
|
Châtelet
|
PA
|
Interdiction des débouchés de la Haute Ubaye
|
Soutien
|
Roche
la Croix
|
GO
|
Soutien d'artillerie *
|
1 Tr de 2x 75/33
|
Vallon
Claous
|
batterie
|
Interdiction des débouchés de la Haute Ubaye
|
pièces longues
canons de 75
|
Tournoux
|
Forteresse
|
Renforcement de l'artillerie des quartiers de
St Paul et Meyronnes
|
artillerie de campagne
|
Caurres
|
Batterie
|
|
6 canons de 155L/77 à l'air libre, 2 canons de
75/97 sous casemate
|
* Selon
disponibilités, et dans la limite de portée.
Dispositif
Le
1er Bataillon du 299e RIA renforce dans ce quartier, commandé par le
commandant Achard, la 1ère Cie du 83e BAF qui tient la position de résistance.
Il porte une Compagnie à MAURIN (2e Compagnie du 299e RIA (Lieut. BERTHET),
couverte par
la SES
du 1/299 (Bergerie du LONG et ALPET) et
la SES
bis du 73e BAF (Aiguille Large de MARTINET et tête de PLATE
LOMBARDE).
La
position de résistance est tenue par le 83e BAF au CASTELET , à
FOUILLOUZE-HAUT et à l’Ouvrage de PLATE LOMBARDE.
Marquage
du 83e BAF dans l’abri du PA du Chatelet (ou Castelet).
Les
réserves de Vallée comprennent :
·
1
Cie au Col de MIRANDOL
·
1
Cie et
la CA
à St PAUL.
L’artillerie
d’appui direct est composée de :
·
La
5ème batterie du 162e RAP composée de 2 pièces de 65M à
LA BARGE
·
2
pièces de 105 à SERENNE
·
2
pièces de 75 à VALLON CLAUS
·
1
pièce de 155 de Tournoux (action d’ensemble)
Période post opérationnelle
Du
10 au 20 Juin, les opérations se résument en patrouilles des SES. Les Italiens
paraissent s’organiser aux Cols et préparent des emplacements d’armes et
d’observatoires.
Les combats
Du
20 au 21 Juin , une activité soudaine des patrouilles Italiennes est le prélude
d’opérations plus importantes. Entre le Col de ROURE et celui du MARZINET des
incursions ennemies sont sanctionnées par des coups de feu de patrouilles françaises.
Un coup de main sur le ravitaillement de la bergerie du LONGET est repoussé par
la SES
installée à l’ALPET. Dans la matinée du 21, l’ALPET est bombardé par de
l’Artillerie de campagne. Dans l’après midi du même jour, un détachement
de 25 à 30 Hommes est repéré à la côte 2925 à l’extrémité de la crête
de
la CULA
.Pendant la nuit, un sous officier de
la SES
allant à la bergerie du LONGET échappe de justesse à une embuscade.
Le
22 Juin , L’attaque se déclenche sur tout le front du QUARTIER , du LONGET à
la STROPPIA.
A
MAURIN , vers 7 heures , l’effectif d’environ 1 bataillon commence à déboucher
dans le vallon de MARY , contenu par un groupe de
la SES
bis
73. A
midi il parvient au débouché du vallon dans
la Vallée
de l’UBAYE (
1 km
Sud de
la Carrière
de marbre) .Les petits postes de la 2/299e RIA fixaient l’ennemi par le feu
et ne se repliaient qu’à la nuit.
Au
LONGET, le Chef de Bataillon replie
la SES
de
la Bergerie
de l’ALPET .
La SES
entière se regroupe conformément à sa mission sur les pentes du Col de
TRONCHET pour couvrir sur sa gauche le Point d’Appui de MAURIN et prendre
liaison avec le QUEYRAS (102e BAF).
Dans le même temps, une infiltration importante est signalée dans
le Vallon de CHILLOL où le Chef de Bataillon détache, pour la contenir,
la SES
bis 73e BAF(2 groupes). Pour éviter les infiltrations possibles par le Vallon
d’AVAL et le Vallon de CHAUVET, une section de la 1e Cie , en réserve à St
PAUL , est portée au PONT VOUTE.
Vers
18 heures, l’ennemi est contenu et n’a pas pris pied en UBAYE.
Le
même jour 22 Juin, l’ennemi prononce une offensive sur la combe de FOUILLOUZE
par les cols de
la GYPERA
et de STROPPIA.
A
la GYPIERA
, des détachements légers arrivent jusqu’au lac des NEUFS COULEURS et
à
la CROIX BUGEON.
SES
du 73e BAF au lac des Neufs Couleurs avant guerre
A
la STROPPIA
, à 5 heures, une grosse attaque menée par un Bataillon débouche dans la région
de PLATE LOMBARDE. Prise sous les feux des armes automatiques et dans un barrage
d’artillerie remarquablement réglé, elle est arrêtée net avec de grosses
pertes.
Vers
17 heures, une seconde attaque est dissociée dans les mêmes conditions.
Le
23 Juin, l’effort ennemi reprend sur MAURIN et FOUILLOUZE mais découragé par
son insuccès de la veille, le commandement Italien n’insiste pas pour
l’attaque de PLATE LOMBARDE.
A
MAURIN, des effectifs importants formant environ trois bataillons attaquent avec
violence pendant huit heures. Ce n’est qu’aux environs de midi que
l’ennemi reflue dans le vallon de MARY où il se reforme.
Dans
l’après midi, pas d’attaques, mais des renforts arrivent dans le vallon et
des éléments légers s’infiltrent au sud du point d’appui, esquissant une
manœuvre de débordement par les pentes du TRONCHET.
Dans
le vallon de CHILLOL, attaques violentes. Des éléments nombreux dont on ne
peut apprécier exactement l’importance appuient l’attaque de MAURIN et
essayent de tourner la défense.
Ils
se heurtent à
la SES
du sergent DE JOFFRE qui , bien soutenue par l’artillerie, réussit malgré
son infériorité numérique à les empêcher de déboucher. Cette SES, épuisée,
est relevée en fin de journée et passe la nuit à St ANTOINE.
A
FOUILLOUZE, attaque déclenchée à 5 heures. L’ennemi (un bataillon) repousse
la SES
du Lieutenant RIGOT qui résiste à pied et occupe le refuge de CHAMBEYRON. Les
italiens débouchent au Nord de FOUILLOUZE-HAUT où un tir de l’artillerie
française parfaitement précis brise leur élan et les disperse. Certains éléments
refluent vers le refuge, d’autres(environ 2 compagnies) se jettent en désordre
dans les bois de
la FREINA
et harcelés par nos tirs commencent à se rendre vers la fin de la journée.
Dans
la matinée, le Chef de Bataillon en prévision d’infiltrations ultérieures
par la vallée de
la BAGNE
demande le détachement d’une section de la 1ère Cie réservée dans les
bois de l’EYSSILOUN où se trouve déjà
la SES
du Lieutenant RIGOT, repliée de FOUILLOUZE-HAUT.
De
nouvelles tentatives de débouchés des cols de
la GYPIERA
et de STROPPIA ont lieu, mais menées sans grande vigueur, elles sont arrêtées
par nos feux d’artillerie.
La
journée du 24 Juin est marquée par de nouvelles attaques d’une extrême
violence sur MAURIN.
A
1h30, le point d’appui est attaqué. Il est débordé sur sa gauche par les éléments
qui se sont infiltrés la veille au soir et pendant la nuit sur les pentes du
TRONCHET. Au petit jour, il est pris à partie par des armes automatiques
installées sur la barre rocheuse vers la côte 2346 et des mortiers placés
dans la carrière de marbre. L’ennemi arrive jusqu’au réseau de barbelés.
Le
point d’appui tient bon.
La SES DE
JEOFFRE contre attaque par le sentier de
LA BARGE
à GIRARDIN et dégage la barre rocheuse. A 11h, la tentative
d’encerclement est brisée.
Une
section de la 1ère Cie envoyée de St ANTOINE dans le vallon de CHILLOL avec
pour mission d’en interdire la débouché s’installe à 2258 sur le plateau
de CHAUVET, d’où, appuyée par l’artillerie, elle disperse vers 10h45 deux
sections adverses en leur infligeant des pertes sévères.
A
partir de midi, l’ennemi tente de s’infiltrer par la droite entre
la Tête
de MIEJOUR et
la GELINASSE. A
21h30 ses éléments avancés arrivent aux abords immédiats de
LA BARGE. Le
point d’appui est soumis à un feu violent d’armes automatiques. La défense,
appuyée par toute l’artillerie du Quartier ne faiblit pas. Une pièce de
155C
envoyée de TOURNOUX prend à partie les rassemblements du vallon de MARY et
quand l’ordre de cesser le feu dût être exécuté la 2e Cie maintenait
toutes ses positions.
Vers
la GYPIERA
et la STROPPIA, aucune action offensive. Les fuyards de la veille dispersés
dans les bois de
la FREINA
, harcelés par notre artillerie cherchent une issue. Plus de cinquante
d’entre eux sont capturés à St ANTOINE. L’ennemi laisse sur le terrain des
matériels nombreux et divers.
Quartier
Meyronnes
Organisation défensive
du quartier
Le quartier de Meyronnes a pour mission l'interdiction de la vallée
de l'Ubayette. Cette vallée est particulièrement menacée ; en effet la frontière
offre deux fronts : à l'Est le col de Larche et sa route internationale (RN
100), au Nord les cols secondaires relativement perméables (cols de
la Portiolette
, de Sautron, des Monges). La défense est donc axée selon ces deux directions.
Le
système Séré de Rivières propose une ligne de défense traversant la vallée
en amont de Meyronnes ; avec une position de résistance (redoute et batterie de
Roche
la Croix
, batterie de Mallemort) et une position d'avant-poste (camp et batterie de
Viraysse). Avec les progrès de l'artillerie, les ouvrages Séré de Rivières
deviennent vulnérables ; c'est pourquoi la défense est renforcée avec le système
Maginot. Le système Maginot présentent deux lignes de défenses distinctes,
perpendiculaires à la vallée afin de favoriser le flanquement mutuel des
ouvrages.
La
défense s'étale selon deux lignes d'ouvrages :
·
La Ligne
des Avant-Postes (LAP) à hauteur du
village de Larche : AP de Larche, PA du Truc, du Colombier, des cotes 1893 et
2018, batterie et camp de Viraysse. Cette position occupe la rive droite de
l'Ubayette, prenant sous ses feux la route internationale du col de Larche ainsi
que les débouchés des cols secondaires dans le vallon de Rouchouze. Les
ouvrages bénéficient de très bonnes vues, notamment la batterie de Viraysse
capable d'observer le versant italien du col de Larche.
·
La Ligne
Principale
de Résistance (LPR) implantée de
part et d'autre de la vallée à hauteur de Meyronnes : deux gros ouvrages
Maginot prennent en tenaille la vallée (GO de St Ours Haut et de Roche
la Croix
), complétés par un PO qui défend la route au plus près (PO de St Ours Bas).
Les versants perméables ne sont oubliés : abris d'intervalles de St Ours et de
Fontvive (rive droite), abri d'intervalles de l'Ancien Camp et batterie de Roche
la Croix
(rive gauche). Outre son rôle de flanquement, le GO de Roche
la Croix
intervient sur l'ensemble du quartier, et même au delà, grâce à sa
tourelle, ce qui en fait le gardien de l'Ubayette. Enfin un observatoire
judicieusement implanté dans l'axe de la vallée (observatoire de Serre
la Plate
) fournit les renseignements à l'artillerie.
En
plus de ses fortifications propres, le quartier de Meyronnes bénéficie de
l'artillerie des ouvrages de la 2e PR (forteresse de Tournoux, batterie des
Corres).
Notons
également que des positions d'artillerie d'intervalles ont été aménagées
aux abords de
la LPR
afin d'en renforcer la puissance de feu, tout en bénéficiant de la protection
des ouvrages : plateformes de Fontvive (rive droite), de l'Ancien Camp et
la Charbonnière
(rive gauche).
Position
|
Ouvrage
|
Type
|
Mission
|
Armement d'origine
|
Ligne des Avant-Postes
|
Larche
|
AP
|
Interdiction de
la RN
100 devant Larche
|
3 Mse, 11 FM ; 2 mortiers et
1 AC
47 en extérieur
|
Truc
|
PA
|
Interdiction de la rive droite de l'Ubayette
|
Armement de campagne
|
Colombier
|
PA
|
1893
|
PA
|
Interdiction des débouchés du vallon de Rouchouze
|
2018
|
PA
|
Viraysse
|
Batterie
|
Interdiction du vallon de Rouchouze, observation
|
2 pièces de 95mm
|
Viraysse
|
Camp
|
Abri des troupes d'intervalles
|
-
|
Ligne Principale de Résistance
|
St
Ours Haut
|
GO mixte
|
Interdiction de l'Ubayette, flanquement de la LPR
|
1 Ob de 75/31, 4 Mo de 81/32, 2 Mo de 50/35, JM, FM
|
St
Ours
|
Abri d'intervalles
|
Abri des troupes d'intervalles en rive droite
|
FM
|
Fontvive
|
Abri d'intervalles
|
Abri des troupes d'intervalles en rive droite
|
FM
|
St
Ours Bas
|
PO
|
Interdiction de
la RN
100
|
JM, FM, Mo de 50/35
|
Roche
la Croix
|
GO mixte
|
Flanquement de
la LPR
, interdiction générale de l'Ubayette
|
1 Tr de 2x 75/33, 2 Ob de 75/31, 2 Mo de 81/32, 2 Mo de 50/35,
JM, FM
|
Roche
la Croix
|
redoute
|
détruite pour la construction du GO
|
-
|
Roche
la Croix
|
batterie
|
Interdiction de l'Ubayette
|
4 pièces de 95mm sous casemate
|
Ancien
Camp
|
Abri d'intervalles
|
Abri des troupes d'intervalles en rive gauche
|
FM
|
Serre
la Plate
|
Observatoire
|
Observation de l'Ubayette
|
FM
|
Mallemort
|
batterie
|
abandonnée
|
-
|
Soutien
|
Tournoux
|
Forteresse
|
Renforcement de l'artillerie des quartiers de St Paul et
Meyronnes
|
artillerie de campagne
|
Corres
|
Batterie
|
6 pièces longues dans cette direction (155L/77)
|
Dispositif
Le
quartier est tenu par le 83e BAF (Commandant GAUDILLOT ) ainsi répartit :
La
compagnie (2/83e BAF) commandée par le Capitaine BERTRAND COMITAUD
est sur la position de résistance des avants postes, détachant une section FV
à MAISONMEANE.
La
position de Resistance est composée des ouvrages de HAUT et BAS SAINT
OURS – ROCHE
LA CROIX
– ROCHE
LA CROIX SUPERIEUR.
L’artillerie
d’appui direct est composée de :
·
1
batterie de 75 du 162e RAP à FONTVIVE
·
1
batterie de 105 du 162e RAP à MEYRONNES
·
la
tourelle de ROCHE
LA CROIX
(deux 75-33)
Période post opérationnelle
11
juin : commencement des hostilités. Mise en œuvre pendant la nuit du
dispositif 96 bis coupant la route nationale au pont du RIOU TORT. Evacuation de
la population civile de MAISONMEANNE , LARCHE , St OURS, FONTVIVE et MEYRONNES.
Vue
du Village de Meyronnes tirée d’une téléphotographie de secteur (Coll.
Particulière)
12
juin : Mise en œuvre, par ordre de l’armée, du dispositif 93 coupant la
route nationale entre CERTAMUSSAT et MEYRONNES. Cette destruction causera une
forte gêne pour la défense, la position de résistance des Avant Postes ne
pouvant plus être ravitaillée que par convois muletiers.
13
juin :
La SES
du 83e BAF, commandée par le Lieutenant COSTA de BEAUREGARD,
descendant de
la SERRE
de VENTASSUS accrochée à hauteur de 2108, inflige des pertes à l’ennemi et
rentre à MAISONMEANNE.
14,
15 et 16 juin – aucun mouvement de l’ennemi. Tous les Cols et tous les
Observatoires sont occupés, mais les Italiens ne cherchent pas le contact.
17
juin : Des reconnaissances ennemies, d’effectif assez important (1 à 2
sections) tentent d’approcher MAISONMEANE ,
la PEYRASSE
et l’ORONAYE. Elles sont facilement repoussées. Les éléments qui s’étaient
dirigés sur MAISONMEANNE s’installent dans les granges du LAUZANIER et sont
dispersés par notre artillerie. VIRAYSSE reçoit des feux d’armes
automatiques en batterie au Col de
la PORTIOLA
et vers
la COSTE
du COL.
18
juin : Une patrouille qui s’est infiltrée dans les bois de la rive
gauche, au Sud de MAISONMEANNE est attaquée à 12h45 et capturée en entier par
la SES COSTA
. C’est un groupe de combat du 17e RI composée d’un sous officier, un
caporal et 10 hommes .
19
juin : Reconnaissances ennemies repoussées par nos feux, dans le ravin de
ROUCHOUZE et jusqu’au Point d’Appui des 3 MELEZES.
Les combats
20
juin : A 9h30, tirs de l’artillerie ennemie sur MAISONMEANNE , sur
VIRAYSSE et sur tous les points d’appui au Nord de LARCHE.
21
juin : L’ennemi renforce l’occupation de tous les Cols A
9h30, une concentration d’environ 1 Bataillon observée par VIRAYSSE dans la région
de GRANGIE – Lac de
la MADELEINE- TETE
des PARTIES est prise sous le feu de notre artillerie et complètement dispersée
.Un élément s’infiltre dans le LAUZANIER.
22juin :
A 8 heures forte préparation d’artillerie. Concentration des feux sur
VIRAYSSE l’ouvrage de LARCHE et MAISONMEANNE puis sur TROIS MELEZES et côte
1893 L’ennemi allonge ensuite son tire et cherche nos communications
GLEIZOLLES MEYRONNES le Pont RIPERT.
Entre
13 heures et 15 heures :
Un
bataillon débouche du SAURTON et attaque en direction de VIRAYSSE et de
la ROUCHOUZE.
Deux
bataillons débouchent du Col des MONGES et attaquent en direction de TETE DURE
et de l’ORONAYE.
Un
bataillon débouchant du Col de
la PORTOLA
et empruntant
la PORTIOLETTE
et le PAS DE VALOUNAS attaque le quartier voisin en direction du VALLONET et de
PLATE LOMBARDE.
Un détachement de liaison entre la 1ère et la 3ème attaque passe
par
la PEYRASSE
et prend comme axe la route stratégique de VIRAYSSE à St OURS.
Lieutenant
Duittoz au sommet de Viraysse (Coll. A. Duittoz).
En
fin de journée, VIRAYSSE tient toujours, bien que particulièrement visé et
presque encerclé. Le groupe de
la SES
qui défendit TETE DURE se replie. Dans la nuit
la SES COSTA
reçoit l’ordre d’occuper et de tenir le NOIR ALP et la crête à l’Ouest
de VIRAYSSE face au Nord. Notre Artillerie a tiré 2400 coups.
23
juin De 3 heures à 9 heures , même bombardement que la veille mais
beaucoup plus intense. A 9 heures, l’attaque se dessine sur MAISONMEANNE tenu
par une section de la 2/83e BAF (Adjudant COUPEZ ). A 10 heures, le
Commandant du point d’appui reçoit l’ordre de se replier. L’Adjudant
COUPEZ évacue le village déjà débordé de plus de
2 km
sur ses deux flancs et se porte sur le point d’appui de FONTCRETE, où
l’ennemi l’a devancé, et qu’il reprend de vive force.
VIRAYSSE,
dégagé au cours de la journée est tenu ainsi que le collet de MALEMORT (SES
COSTA) et le NOIR ALP (1 section du 2/299e ).
24
juin : L’attaque reprend à l’aube avec une vigueur accrue. Quatre régiments,
au moins, sont engagés devant nos avant postes : 43e et 44e RI dans
la PEYNASSE
et
la ROUCHOUZE
; 17e et 18e RI dans l’ORONAYE et l’UBAYETTE.
A
VIRAYSSE , l’ennemi arrive au corps à corps et parvient jusqu’aux
superstructures. La garnison (SES BIS du 83e et observateurs d’artillerie) dégage
l’ouvrage à la grenade.
Au
col de MALEMORT ,
la SES COSTA
ne lâche pas pied.
Le
NOIR ALP, évacué par ses défenseurs est repris par une contre attaque que mène
le Capitaine ROLLET du 299e.
Un
bataillon attaquant dans
la ROUCHOUZE
est pris sous un tir de barrage à la barre rocheuse et arrêté par nos feux
d’infanterie. Un tir fusant de gros calibre et l’action de nos mitrailleuses
disloquent complètement l’attaque. Les survivants, 335 hommes, se rendent aux
commandants des points d’appui des TROIS MELEZES et 1893 (Adjudant Chef
NECTOUX et Sergent Chef GRIENAY.)
En
avant de LARCHE, l’ennemi arrêté par nos feux ne peut dépasser les bois de
MALBOISSET.
Le
point d’appui de FONTCRESSE, violemment attaqué et bombardé se replie, mais
l’ennemi est arrêté sue la crête de ROFRE par un groupe de réserve.
Au
cours de cette journée, des coups de très gros calibre (supérieurs au 210 et
probablement 305 ) ont été observés dans la région de VIRAYSSE – LARCHE.
Notre artillerie a tiré 1950 coups.
25
juin : Au cours de la nuit et jusqu’à 0h35 tirs violents d’artillerie
de part et d’autre .Le village de LARCHE est particulièrement visé. La
position de FONTCRESSE est réoccupée avant minuit. Dans la matinée, une
compagnie Italienne commandée par un Colonel tente de s’installer dans le
village de LARCHE bien que le drapeau français y soit arboré .Après des
pourparlers assez vifs, ces éléments se retirent.
Pendant
la journée, les Italiens relèvent
leurs morts , très nombreux dans les ravins de
la ROUCHOUZE.
Identification
d’unite ennemies
Ont
été identifiées sur le front du secteur
Haute Ubaye
6
au 16 juin 1e
et 2e légion de milice confinaire
IV° GAF ( troupes de forteresse)
13
au 24 juin 2ième
Alpini (IVe DIA – CUNEENSE)
24
juin
1ier Alpini (IVe DIA – CUNEENSE)
Ubayette
6
au 16+ juin 2e
légion de milice confinaire
IVe GAF ( troupes de forteresse)
18
et 24 juin 17e
RI ( 35e DI – ACQUI)
24
juin
18e RI (35e DI – ACQUI) Réserve
23
et 24 juin 43e
RI (36e DI – FORLI)
24
juin
44e RI (36e
DI – FORLI)
24
juin
7e Alpini ( 5e DIA - PUSTERIA)
|