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Récit
de l’Alpin Léon BERTHELON 1910 à 1912
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Samedi 8 octobre 1910 (mis à la poste de la
caserne à 5 heures)
Chers parents, je suis toujours content et
très peu fatigué. Je suis vraiment tombé dans une compagnie modèle. Demain
dimanche, première sortie. Je vous écrirai très longuement.
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Jeudi 10 (Novembre 1910?)
Aujourd’hui, marche au Poët Morand (2000 m) (Massif de l’Infernet, rive
droite de la Cerveyrette). Nous devions revenir par la route des Forts
mais les 0,60 m de neige qui couvraient le sentier et la route nous ont
obligé de redescendre par le même sentier. Je suis rentré très peu fatigué
malgré le sac que nous prenions pour la première fois. |

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29 mars 1911,
Je n’ai encore ni la rougeole, ni les oreillons, ni … les galons. Je ne
suis pas très content car le lieutenant Suzeau part au 2e Tirailleur
Algérien. Il pleut averse depuis 2 jours et ce n’est pas gai. Les
épidémies décroissent et ça n’est pas malheureux car je commençais à
craindre pour les vacances de Pâques. |
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22 avril 1911,
Ma permission qui etait signee du capitaine et du major vient d'etre
refusee par le colonel qui allegue aue je n'ai pas de raisons
suffisantes.!!! J'etais deja en terme pour aller a la gare. train
part a 12h 15 et j'ai ete prevenu a 11h10. ca ne m'a pas fait bien, mais
que voulez vous, je commence a prendre une belle couche de philosophie.
soyez aussi raisonnable que moi, car il est plus que probable que la
permission soit retablie avant la fin du mois. Mille baisers et nous
faites pas trop de bile. S'il n'y avait rien d'officiel d'ici a la fin de
la semaine pour le retablissement, j'ai presque envie de demander 24
heures, j'aurai tout le dimanche a passer avec vous. |

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29 mai 1911,
Reçu lettre d’Antoine. L’essentiel est fait. Attends des nouvelles du
To. Reviens de 2 jours de manœuvres. Pas fatigué du tout. Temps superbe,
manœuvre éblouissante, lettre suivra bientôt. |

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11 juillet 1911,
Je suis rentré depuis 2 jours seulement de mes grands reconnaissances
dans le Massif du Combeynot dont vous voyez la chaîne principale sur cette
carte. Dans 3 ou 4 jours je pars à Lyon pour y passer au moins 15 jours.
De là, j'irai certainement à ?? . Je vous écris très vite car je vais
prendre la garde au Fort du Randouillet. |
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Guillestre, 26 juillet 1911,
Voila mon quatrième jour de manœuvre et quoique le sac soit lourd, et
la chaleur torride je me porte très bien et je suis relativement peu
fatigué. Le pays est assez intéressant mais la manœuvre ne l’est guère. Je
voudrais que vous conserviez soigneusement mes cartes. |
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Prads, 28 Juillet 1911
C’est aujourd’hui jour de repos la 4e Cie est cantonnée dans une hameau
de Saint Paul. Nous sommes très bien logés (très grand, beaucoup de
paille). Les gens sont très gentils et nous avons trouvé en abondance des
œufs, du lait, du fromage, de la salade ce qui est beaucoup. Je ne vous
écris pas une longue lettre car je suis peu commodément installé, mais je
tiens un journal de route que je vous enverrai. Les manœuvres sont assez
fatigantes mais le pittoresque rachète tout. |

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Jausiers, 1er août 1911,
La 2e période des manœuvres s’est terminée hier, par une chaleur assez
forte, comme vous devez le penser, mais en somme fort supportable.
Aujourd’hui nous avons repos et en 4 jours nous allons rentrer en Briançon
en passant par le Queyras. Cela sera peu pénible car ce sont des pays
plutôt froids et les sacs ont été allégés par ordre du Commandant. J’ai
passé la nuit du 30 au 31 Juillet aux avant postes et nous avons eu deux
attaques de nuit dont je vous conterai les péripéties. C’était extrêmement
pittoresques et comme la veille au matin, nous étions restés couchés
pendant toute la manœuvre pour attendre l’ennemi qui n’est pas venu, ça
n’a pas été pénible du tout. On en a été quitte pour se rattraper la nuit
suivante. Le 5 au soir, je rentrerai à Briançon, ou j’espère trouver la
flanelle demandée. Je voudrais bien aussi un peu d’argent car mes fonds
ont été assez touchés par les manœuvres… |
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Guillestre, 3 août 1911,
Me voici revenu à Guillestre par une marche peu pénible quoique assez
longue. Nous avons eu 3 heures et demi pour monter au col et ensuite nous
avons eu 5 heures de descente douce. On ne sait rien de l’étape de demain.
Mais après demain ce sera Briançon. Où es tu mon petit lit au sommier peu
confortable ? |


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27 août 1911,
En revenant de Rochebrune (3323).
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Montgenèvre, le 22 Septembre 1911,
Du grand Hôtel (?) de Montgenèvre où je me restaure et me réchauffe,
après avoir relevé le plan cadastral, je vous annonce ma nomination de
Sergent à partir du 1er octobre 1911. |
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Névache, le 26 mai 1912,
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